jeudi 31 mai 2012

Graphisme céramique

La jongleuse de terre a participé au stage de céramique à Arthous conduit par Inés Antonini céramiste brésilienne : bon voyage en cliquant ICI!


mercredi 30 mai 2012

Samedi 2 juin, ce sera le tour de la fibre textile à être en haut de l'affiche à la halte latine

Bonjour à tous,
Quelques articles de la tessonnade ont du mal à arriver... parce qu'il se trame encore autre chose à la Halte latine. J'organise des puces de couturières avec deux de mes amies textile qui se dérouleront le samedi 2 juin prochain chez José. Après l'argile le fer et les fours, le textile : de la vente d'occasion de matières premières outils et livres, des pièces de créateurs, des démonstrations ponctuelles (tissage, filage, feutrage, peinture textile), de l'échange de savoir faire, de l'info et un café avec collations sucrées et salées.
Toutes les infos et plus sur http://broc-et-puce.blogspot.fr/


Je retournerai à mon crayon, ma souris et mes photos après cette manifestation afin de vous livrer le reportage de Laluque et la visite de la charbonnière... encore un peu de patience!

A bientôt donc ici, ou chez José!
Pauline L. alias Baolin

mercredi 23 mai 2012

Dimanche 13 mai : opération raku

- Pause du décor sur biscuit (terre souvent chamottée qui peut résister au choc thermique). Le décor, est un mélange de fritte (le mot spécial pour dire émail en raku) mélangé à des pigments. Les parties non-émaillées ressortiront noires (c'est un peu une histoire de réserve, comme pour le tissus).


- on enfourne. Cuisson à 980°C pendant 1h, 1h15 .
- on arrête le gaz .

- Clau donne le "on défourne les filles!". Tout le monde se prépare (gants de protection, masque-les fumées sont aussi gênantes que toxiques-mais pas plus qu'un feu classique) .

- A l'aide de pinces, on retire une à une les pièces qui sont posées sur un lit de sciure.

Une autre "abeille" verse la sciure dessus. C'est la sciure qui devient un combustible et se brûle à la terre. Cette immertion dans la sciure se nomme 'enfumage" (enfummage?). La sciure prend feu. On ferme les bidons pendant 20 à 30 mn.


-Sortie des pièces qu'on trempe dans de l'eau froide.


- Ca refroidit très vite (la terre a perdu de la température lors de sa combustion avec la sciure)

- à l'aide d'une éponge, on nettoie avec le coté vert. Il faut pas mal frotter

Voilà, Clau à dit "le raku, c'est la magie de la Terre et du Feu"
Merci à l’association Terra Raku!

Vallérie B. (texte et photos)

mardi 22 mai 2012

Lundi 14 mai après-midi : le défournement du four fosse

Un défournement de four fosse est toujours un moment intense : la découverte des motifs d’enfumage, les analyses possibles suite aux casses et le résultat des essais effectués sont source d'allégresse.


La première étape consiste à gratter tout le tour pour extraire des cendres les poteries situées sur la ceinture extérieure. La première surprise est de constater que les galettes de bouse de vache ont conservé leurs aspects initiaux. Ceci renforce le fait que c’est un parfait isolant.


On s’aperçoit qu’un coup de vent nord-ouest a réussi à s'engouffrer dans le four, le bilan s’élève à deux jarres cassées. Surtout bien garder les tessons, car ils permettent de faire des analyses et sont des indices pour des améliorations à apporter à la structure du prochain four.

Ce qui a surpris notre druide est que les poteries lourdes et épaisses des enfants, telles que les boules ou les masques, ont très bien cuit sans aucune casse.


Gwénolé est vraiment satisfait de cette fournée : très peu de casse, une excellente cuisson, de magnifiques teintes métalliques ou brunes. C’est un meilleur résultat que les essais passés.


C’est donc sur une jolie danse et avec une jarre sur la tête, qu’il termine cet épisode.
Anne P. (texte et photos)

Samedi 12 mai après-midi : nouvel essai de four fosse


Tout d’abord faire le stock de matières premières : une pincée de copeaux, des fagots de bruyères et de brandes, quelques cageots de bouses de vache et de crottins de cheval, une généreuse réserve de branches, un trou d’environ 1,50 mètre de diamètre et nous voilà fin prêts pour le montage du four.


 Recette expérimentale, signée Gwenolé :

Sur un lit de copeaux, les jarres sont soigneusement installées en cercle et tête à cul. Cette étape est importante car en fonction de leur position, les poteries peuvent s’ébrécher ou casser lors de la cuisson.

Au centre est allumé un feu sur lequel seront entassées les autres poteries, pour former au final une magnifique demie-boule (les artistes du monde entier n’ont qu’à bien se tenir).


Le tout est entièrement recouvert de galettes de bouses de vache, sur lesquelles sont posées des branches de bois. Attention délicatesse à l’oeuvre, surtout ne pas pousser l’édifice.

Afin d’empêcher de fâcheux courants d’air, de la terre est remontée sur les bords. Il ne reste plus qu’à, comme dirait Johnny, allumer le feu (sauf que notre Johnny à nous est milles fois mieux).


Pour ne pas que la température monte trop vite et pour ainsi éviter les chocs thermiques, des morceaux de terre ont été placés sur les flammes.

De petits « poufs » inquiétants se font entendre au début de la cuisson ; nous espérons que ce ne soient que les branches. Suspens jusqu’au défournement...

Anne P. (texte et photos)

samedi 19 mai 2012

Jeudi 10 mai, visite au cœur de la forêt du Barp


Marie France Dubourg nous accueille chaleureusement ce jour dans son établissement : les Grès de Gascogne, producteur de pavés et carrelages en grès, dernière fabrique en activité dans le parc régional.

Nous démarrons la visite par un peu d’histoire. L’entreprise démarre en 1826 avec la fabrication de briquettes en argile molle moulée provenant du gisement toujours exploité aujourd’hui. La cuisson se fait alors à 900°C comme une terre cuite.

Dans les années 1900 on y fabrique des tuiles à la main; 1921, premières briques en fabrication mécanique et 1947 idem pour les tuiles.

Ici une machine manuelle pour mouler les pots de résine : la partie du haut (la contre-forme) vient écraser une boule de terre posée dans le moule (en bas).

Dans les année 60, Jacques Dubourg reprend la fabrique et c’est à cette époque qu’il découvre que l’argile de ce gisement est en fait du grès qui peut cuire à haute température (1200 °C), qui a peu de porosité et résiste donc parfaitement au gel en extérieur : les grès de Gascogne sont nés et les pavés et carreaux vernis au sel deviennent la principale production depuis 1987.

Nous traversons maintenant la fabrique pour démarrer la visite de la production, qui est ouverte sur la forêt. "Là-bas se trouve le gisement", nous dit Marie France en nous montrant le chemin. Ce sont les depôts d’alluvions d’une très ancienne rivière qui était là il y a des millions d’années. La terre est extraite une fois par an en été, elle se situe à environ 2 mètres de profondeur.

Elle est stockée sous hangar, puis désagrégée, séchée et broyée.

On lui adjoint de la chamotte (petites particules de terre cuite concassée pour la rendre plus résistante et lui donner moins de retrait au séchage).

Puis elle est ré-humidifiée et passe dans une boudineuse pour lui donner une consistance homogène sans air avant d’être extrudée en pavés.

Les pavés sont stockés dans une chambre de séchage (ventilation de l’air à 60°C) pendant 8 jours. 

L’opération suivante consiste à charger méthodiquement les pavés sur des chariots qui seront acheminés dans le four à gaz à chaleur tournante. Chaque palette contient environ 18m² de pavés et chaque four peut recevoir 2 palettes.

La cuisson dure 27 heures, avec un palier à 800 °C et 1000°C et terminer à 1180°C suivant la couleur finale désirée, beige ou plus rosée.

La fabrique possède aussi un four dédié au grès vernissé au sel, quelques machines automatiques pouvant mouler des pots pour de petites séries et certainement quelques secrets…


Sur la fin de la visite, nous croisons Jacques Dubourg qui nous dévoile et nous conte avec Marie France leur investissement au Burkina Faso où ils sont en train de former une petite équipe à leur pratique. Ils ont aidé à monter une petite unité de fabrication de briques et de filtre à eau. Cette aventure a fait l’objet d’une conférence pendant les tessonnades. Vous pouvez voir des photos de ce beau projet de transmission de savoir faire en cliquant ici.


Un grand merci aux Grès de Gascogne pour nous avoir ouvert leur porte et leur gentillesse : maintenant je regarde d'un autre oeil les pavés de Bordeaux lorsque j'ai l'occasion d'y aller...
Pauline L.

Mardi 8 mai : une remontée dans le temps



Une dizaine de courageux se sont donnés rendez vous le 8 mai à Lapios pour aller à Sabres au pavillon de Marquèze à la rencontre du monde des vivants et des morts  premier Âge du Fer dans les Landes de Gascogne.


L'exposition "Six pieds sous terre" : Quel monde étrange que celui que nous avons découvert ! Après 15 ans de recherches dans cette région dont l'image a longtemps été celle d'un désert, les archéologues ont, bride par bride, restitués pour partie des éléments de la vie quotidienne de ces populations anciennes.


La visite commence par une remontée dans le temps. Une grande frise nous rappelle les grandes dates puis on découvre la lande aux diverses époques par des sas très bien imagés pour arriver au premier millénaire avant J.C (à partir de 800 ans avant J.C.).


 Marie Bilbao, qui avec Hervé Barrouquère sont les deux responsables scientifiques de cette exposition , nous a ouvert les yeux sur la richesse insoupçonnée de notre région. Archéologue spécialisée dans les pratiques funéraires de cet Âge du Fer, Marie nous a entraînée bien loin au bout de sa truelle d'archéologue, au milieu des nombreuses céramiques, des restes du début de la métallurgie et des pirogues.
Un grand Merci à Marie et Marquèze pour leur accueil.
Gwénolé B.


On peux aller à Marqueze autant de fois que l'on veut, à chaque fois c'est une découverte, mais lorsqu'on est accompagné par un petit bout de femme comme Marie Bilbao ça prend une autre dimension .Je regarde une vitrine, je lis les explications et Marie arrive et me fait découvrir un minuscule détail sur un fragment de quelques centimètres, un chien que je n'avais pas vu, que je n'aurai même pas remarqué. Encore une fois la magie est là, je croyais avoir déjà vu, mais j'avais mal regardé. Et il reste tellement de choses à découvrir
Colette C.

Marie Bilbao est une vraie archéologue, passionnée, incroyablement érudite mais qui travaille dur physiquement. A la fin de l'exposition, elle expose deux truelles. Une neuve, une "utilisée". En quelques mois, la truelle "perd" 40% de sa superficie (environ, c'est l'effet que ça m'a fait). C'est comme une céramique crue puis séchée puis cuite! Sauf que là, ce n'est pas la perte d'eau de la terre, c'est la perte d'eau de sueur de la main de l'Homme qui use le fer de l'outil.
Vallérie B.

jeudi 17 mai 2012

Vendredi 11 mai : femmes au fourneau


C'est le grand jour, tout le monde s'affaire, les préparatifs vont bon train pour la soirée bas fourneau et la fabrication de fer sous la baguette de notre chef d'orchestre Jean Claude Leblanc.

Tout doit être prévu :
-Le charbon de bois est grossièrement concassé.
-les doses de minerai sont calibrées.

1 kg de minerai du marais (Lac de Sanguinet ).
Limonite contenant entre 50% à 76% d'oxyde de fer et 1,6% de phosphore.

1 kg de minerai du Canigou, hématite spéculaire qui contient 55% à 70% d'oxyde de fer .
Pour 1 kg de charbon de bois qui correspond à 7 litres, la charge sera de 2/1 (1kg de charbon pour 2kg de minerai).

10h Mise en chauffe du bas fourneau uniquement au charbon de bois.
A 13h la T° atteint déjà 1080°.

Aujourd'hui les femmes vont être partout.
Au foyer d'épuration Sabia forge les outils qui serviront ce soir : Quelle animation!

L'écran pour la projection est hissé sous le grand chêne.
Le four à pain est allumé, ainsi que le four torchis (rien ne se perd José improvise: autant profiter de la chaleur, et la gamelle est installée sur la cheminée).

A 19h la T° est à 1242° toujours entretenu par nos vaillantes « Claudettes » qui rechargent régulièrement en charbon (elles ont l'oeil lorsque le niveau dans le conduit baisse d'environ 20 cm hop,hop une nouvelle charge).

A 20h la réduction commence.
La T° est à 1477°(Prise avec une caméra thermique)
Les charges se succèdent.

video
21h première coulée (T° de la scorie 1032°)

22h30 Le changement de tuyère va provoquer une montée en T° rapide et l'on passe de 1400° a 1753° en 7 mn.

22h57, les charges qui étaient alors de 2/1 passent a 3/1, (2kg de minerai du marais +1kg du Canigou)
23h17, nos « Claudettes »  terminent  par deux charges de charbon.

video
"Bob l'éponge" entre en action les dernières larmes s'écoulent lentement.

Sous les coups répétés les parois cèdent libérant des gerbes de lucioles qui embrasent les frondées, de ce ventre brûlant la masse rougeoyante de fer est extraite, elle sera travaillée plus tard dans le foyer d'épuration.

En résumé:
Nous avons utilisé: 40 kg de minerais, 29 kg de charbon de bois                
Nous avons obtenus : 8 kg  de fer compact, 15 kg de scorie liquide
Pour une  durée de la réduction 3h40  
Température moyenne de fonctionnement  1500°( la plus basse 1316°, la plus haute 1753°).

En résumé pour moi : ENTRE LE VOIR ET LE VIVRE, LÀ EST TOUTE LA DIFFÉRENCE
Colette C.

photos : AnneP, PaulineL, GwenoleB